« War Dogs » ou « La Guerre des Chiens »

Avis très rapide en avant-propos sur le film : GONFLANT.

« War Dogs » sorti le 14/09/16 est le dernier film de Todd Phillips, réalisateur mondialement connu pour sa trilogie « Very bad Trip » ou bien pour sa réactualisation de la série culte « Starsky Et Hutch« , une personne très au fait des duos/trios de personnages masculins comiques qui font face à des évènements impressionnants (résumé très rapide du travail de ce cher Todd).

Qu’en est-il de cette dernière réalisation sur fond de trafiquants d’armes ?

 

Le scénario :

David & Efraim veulent de l’argent, plein, beaucoup…
David & Efraim veulent de l’argent, plein, beaucoup…

David, interprété par Miles Teller, galère un peu au début de sa vie. Certes il masse des gens très fortunés dans la très jolie ville de Miami mais cela lui déplaît de plus en plus, il décide alors de se lancer dans le commerce et de vendre du tissu. Idée qui pouvait semblait lumineuse, surtout que sa copine Iz, interprétée par Ana de Armas, vient de tomber enceinte. La réussite pécuniaire ne suit pas et c’est à ce moment que son ami d’enfance refait surface à un enterrement. Efraim, interprété par Jonah Hill, réussit dans un tout nouveau marché qui vient d’être libéralisé par ce bon vieux président Bush au moment de la guerre en Irak, à savoir les armes. Ni une ni deux, les deux compères s’associent et se lancent dans le marché fort rentable de l’armement.

L’histoire est tirée de faits réels (monnaie courante dans le cinéma américain actuel) et est, je dois bien l’avouer, très intéressante. Le scénario l’est beaucoup moins. On démarre le film par le cliché déjà trop vu du personnage principal en mauvaise posture qui va raconter comment il y est arrivé, le film élucidant le mystère sur son assaillant puis concluant l’histoire par la suite. Du vu, revu de chez revu, aucune originalité, tout est prévisible et ça gâche le plaisir de suivre cette histoire qui est intéressante. La critique du système américain actuel a le mérite d’être là et virulente, mais l’écriture du film gâche tout ça.

 

Les personnages :

Nos deux compères sont peu divertissants malgré des lunettes de soleil
Nos deux compères sont peu divertissants malgré des lunettes de soleil

David est le personnage principal du film, c’est à lui que le spectateur s’identifie, il est gentil, veut bien faire, doit s’occuper de son enfant qui va arriver, etc… Il découvre en même temps que nous les secrets du trafic d’armes, ce qui facilite l’identification. Il est un personnage classique de ce genre de film mais reste appréciable, la performance de Miles Teller est correcte (je vous conseille plutôt de voir « Whiplash » où il tient le rôle principal, une performance époustouflante pour un film qui l’est tout autant).

Efraim est le point négatif du film à mon goût. J’aime beaucoup Jonah Hill, je trouve qu’il est en train de se monter une carrière très intéressante en diversifiant son jeu mais alors là, échec total. La caricature à l’extrême du personnage détestable, le sur-jeu complet tout du long (mention spéciale à son rire qui fait rire la première fois mais qui au bout de sa douzième apparition est insupportable). Je comprend que le personnage doit représenter tout ce qui est détestable dans la société américaine, mais là ce n’est pas tenable.  La balance avec David ne fonctionne pas et on se retrouve avec un ersatz gros et juif de Tony Montana à qui on a envie de mettre des claques.

Je vais maintenant vous parler de deux personnages secondaires assez rapidement. Je ne m’arrête pas sur tous les personnages arabes ou albanais qui sont clichés au possible, on avait bien vu comment le réalisateur traitait des asiatiques dans ses films précédents.

Alors commençons avec la copine de David, à savoir Iz. Cliché n°457 du film, elle est la copine qui ne doit pas découvrir la vérité sur son amoureux et qui essaie de le ramener dans le droit chemin. Je ne sais pas quoi dire, faire encore de tels personnages féminins en 2016 est déplorable mais bon. La comédienne est au fraise, enfin on ne peut pas parler d’une comédienne à ce niveau là, je pense que ses beaux yeux bleus et son joli minois lui ont donné le rôle.

Enfin passons à un autre cliché, Henry Georges. Alors je ne sais pas si ce nom très français devait nous faire croire que le personnage venait de nos chères campagnes, mais ce n’est pas le cas. Il est interprété par Bradley Cooper et je n’ai rien à dire sur sa performance, il fait le strict minimum tant le personnage est vide. Il est le trafiquant d’armes ultime, le patron. On voit arriver gros comme une maison (que dis-je, un building new-yorkais) les actions du monsieur.

 

La réalisation :

Certains plans sont jolis (j’avoue)
Certains plans sont jolis (j’avoue)

Comment Todd Phillips enrobe-t-il son film pour qu’on puisse l’apprécier ? Et bien avec de la musique, beaucoup de musiques et surtout des tubes. Alors certes cela donne un film très agréable à écouter, surtout que techniquement le film est très bon au niveau sonore, mais ça donne l’impression de combler du vide. Les enjeux ne fonctionnent pas, du coup on ajoute ralentis et musiques pour habiller tout ça et appuyer le sens de la séquence. Visuellement c’est très correct aussi, rien à reprocher, les cadres sont classiques mais fonctionnent, certains plans jolis, les scènes de tension sont filmées (surprise) à l’épaule… Du classique dans la forme avec quelques fulgurances (des plans subjectifs avec lunettes nocturnes par exemple).

Là je vais m’attaquer à un point qui désamorce tout enjeu dramatique du film, les panneaux de texte. Le film est construit avec une sorte de chapitrage qui se signale par des panneaux de texte (comme dans certains film de Tarantino par exemple, et ça me fait mal d’associer son nom à ce film) où sont inscrits des phrases prononcées par un personnage dans le chapitre qui suit. Sauf que cette construction casse le rythme du film, qui devient très vite (excusez le terme) chiant, et nous signale à l’avance ce qui va se passer, et c’était pas vraiment nécessaire.

 

Conclusion :

Un film flingué (oui je suis fier de ma blague de CE1)
Un film flingué (oui je suis fier de ma blague de CE1)

Une histoire intéressante mais un scénario cliché, aucun personnage qui ressort positivement, aucun élément de mise en scène à sauver… Ce film est une perte de temps. Alors oui son propos a le mérite d’être présent mais je pense que la lecture de l’article dont il est tiré avec une playlist musicale de qualité en fond est plus divertissant que ces 1h54 de « cinéma ».

La juste note de vanRage : 4/10

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vanRage

Chroniqueur cinéma

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