« Miss Peregrine Et Les Enfants Particuliers » ou « Tim Burton’s Nightmare »

Avis très rapide en avant-propos : FACEPALM

« Miss Peregrine Et Les Enfants Particuliers »  sorti le 05/10/16 est le dernier film de Tim Burton, le réalisateur (que l’on ne présente plus) des célèbres « Beetlejuice » (pouce vers le haut) et « Alice Aux Pays Des Merveilles » (pouce vers le bas) entre autres. Un réalisateur qui depuis quelques années oscille entre le correct et le désolant.

Film burtonien réussi ou énième gâchis ?

 

Le scénario :

Ne sont-ils pas mignons ces enfants ?
Ne sont-ils pas mignons ces enfants ?

Jake, interprété par Asa Butterfield, est un ado complexé. Il vit en Floride mais semble rêver d’ailleurs. Un jour son grand-père décède dans des circonstances étranges, ce dernier aimait lui raconter des histoires concernant une certaine Miss Peregrine et tout un univers incroyable. Les parents de Jake le pensent dérangé psychologiquement par le décès récent de son papy, mais acceptent qu’il parte sur les traces de son ancêtre au Pays de Galles. Il découvre ainsi le fameux orphelinat dont parlait son grand-père, ses habitants et les histoires extraordinaires qui vont avec…

Bon sang de bonsoir, un pitch de film qui semble être écrit pour Tim Burton. C’est vrai que l’histoire de ce film colle parfaitement à l’univers du réalisateur américain, Jake semble encore une fois être Burton plus jeune, les « Enfants Particuliers » sont les monstres gentils qu’apprécient le cinéaste. Mais si l’histoire semblait intéressante en surface, dans les faits c’est beaucoup plus compliqué. Le scénario est quasiment catastrophique. Plus l’histoire avance plus on enfile les perles des clichés et facilités scénaristiques dignes d’une histoire d’enfant de huit ans.

Pour vous présenter un problème simple je vais parler du personnage d’Emma, une des enfants qui peut flotter dans les airs car elle est légère comme l’air. OK, j’accepte l’idée mais pour pouvoir rester sur le plancher des vaches elle a besoin de chaussures de plomb. Très bien, comment fait-elle pour marcher avec des chaussures de plomb ? C’est lourd et on parle d’une jeune fille de 16 ans, pas de Hulk J’accepte à moitié l’idée mais lorsqu’elle emmène Jake sous l’eau pour aller dans un bateau j’ai plus de mal. Les chaussures la font couler, jusque là tout est normal, mais après elle fait de la brasse sans souci, toujours avec ses chaussures. Là c’est trop, je veux bien accepter des éléments magiques, des enfants extraordinaires, mais un film doit rester vraisemblable dans son univers, c’est la base. On ne dit pas f*** à la physique quand ça arrange les personnages, on appelle ça un scénario mal écrit, tout simplement.

Et ce n’était là qu’un exemple parmis tant d’autres. Je rajoute que le film se veut comique à certains moments, je n’ai pas esquissé un seul sourire, surement que je trouvais le scénario tellement raté que je n’arrivais pas à rentrer dedans, mais quand même.

 

Les personnages :

Quelques « Enfants Particuliers »
Quelques « Enfants Particuliers »

Jake est donc le personnage principal du film, il est interprété par Asa Butterfield, jeune comédien qui a joué dans un excellent film (contrairement à celui que je critique actuellement) « Hugo Cabret ». Alors comme je l’ai dit le perso ressemble à Burton, il est mal-aimé par les gens normaux, aime les histoires, veut aider les gens non-ordinaires, etc… Le personnage est réussi, on s’attache à lui, il n’est pas trop tête à claque, le comédien est bon mais comme souvent chez Burton, l’intérêt réside (apparemment) chez les autres personnages, donc celui-là est un peu creux.

La fameuse Miss Peregrine est la tenancière de l’orphelinat magique, elle est interprétée par Eva Green qui pour une fois dans un film n’est pas nue, il faut le noter. Bon, le personnage est bizarrement écrit, elle change d’avis très rapidement sur certains points, est faussement spéciale/folle… Enfin elle est compliquée à saisir. L’interprétation de Green est comme d’habitude, surjouée à fond mais pas tout du long. Donc on a des moments de folie et des moments normaux, couplé au fait que le perso est peu présent à l’écran et on a un rôle qui ne reste pas dans les mémoires, même durant le film.

Je vais faire un gros package « Enfants Particuliers », alors le casting fonctionne très bien, les enfants choisis collent aux rôles. Certains sont plus développés que d’autres mais restent des personnages clichés (#LesAmoureuxQuiSeCherchent). Enfin pas grand chose à dire sur eux, chacun aura une utilité à un moment du film donc leur présentation, bien que rapide, sert vraiment, des bons persos secondaires.

Passons désormais au méchant du film, le fameux M. Barron joué par Samuel L. Jackson. Alors j’aime bien Jackson mais là il nous réserve une nouvelle déclinaison de méchant que l’on a vue trop de fois au cinéma. Le perso s’arrête lorsqu’il a son ennemi en joue pour parler. Alors le faire une fois d’accord, mais plusieurs fois… Et bon sang que quelqu’un retire les prothèses de dents de Samuel quand il parle, on comprend rien. L’effet dents de requins fonctionne mais j’aimerais bien entendre ce qu’il a à dire, même si c’est insignifiant. Enfin bon, un méchant qui fait pas peur avec une fin pitoyable (mon dieu ce final revu et mal copié).

Mention spéciale à Judi Dench qui campe un second rôle inutile, elle arrive pour apporter une information qui est déjà découverte par Jake et qui disparait après sans avoir rien réalisé. On peut la retirer du film ça ne change rien, mais vraiment.

Après tout ce venin jeté au visage du film je viens au gros point principal du film, le grand-père. Oui seigneur, un personnage réussi dans ce film, enfin. Alors il s’appelle Abe et est joué par Terence Stamp. Excellent choix de casting, l’acteur parfait pour jouer ce grand-père qui possède un secret mystérieux mais qui en même temps est un conteur sensationnel et un papy aimant avec son petit-fils. Le personnage est réussi, l’interprétation aussi, une bouffée d’air frais dans ce film nauséabond.

 

La réalisation :

Mais c’est pas très jolie comme couleur ça, en plus c’est vraiment différent d’avant
Mais c’est pas très jolie comme couleur ça, en plus c’est vraiment différent d’avant

Je cherche un point positif à mettre en avant pour ne pas commencer par le négatif… Alors le son est propre, si on omet Barron, mixage et montage réussi. Les cadrages sont biens, les mouvements de caméra aussi. On retrouve au début du film cette façon qu’a Burton de filmer les banlieues américaines, on n’a vraiment pas envie d’y vivre. Une séquence d’animation stop-motion apparait à un moment (poupées, je n’en dirais pas plus) et est l’élément filmique le plus burtonien du film. Dommage que ce ne soit pas le cas plus tard avec les squelettes (ceux qui auront vu le film comprendront). Voilà pour le positif parce que le reste…

Bon, la musique n’est pas composée par Elfman et ça s’en ressent, elle ne reste pas en mémoire et dans la fameuse scène des squelettes elle se transforme en une sorte de techno (bon dieu Tim, pourquoi de la tchno moisie sur une scène d’action, pourquoi… Et pourquoi une scène d’action moisie), là je me suis dit que le film n’était plus récupérable. L’étalonnage est aux fraises, alors Burton se paie les services d’un des meilleurs chefs opérateurs français, Bruno Delbonnel (« Un Long Dimanche De Fiançailles », « Le Fabuleux Destin D’Amélie Poulain », « Inside Llewyn Davis »), mais il lui demande de faire n’importe quoi. Des moments bleus cracra, des moments où les couleurs pètent, des moments où c’est tout plat… Alors il doit y avoir une raison qui m’échappe mais visuellement c’est déstabilisant et désagréable.

Je vais m’arrêter là, globalement la technique oscille entre le correct et le raté.

Le montage image est raté, des raccords mais ultra-moches, un rythme de film assez plat, la montée de suspense est ratée et la tension ne fonctionne pas dans la scène finale (ce qui est dommage pour une fin de film de finir en pétard mouillé au lieu d’un beau feu d’artifices).

 

Conclusion :

Je suis comme Miss Peregrine, pas content et dubitatif
Je suis comme Miss Peregrine, pas content et dubitatif

Ce film est raté, tout simplement. Le scénario est un des plus mauvais que j’ai vu cette année, montrer ça à ses enfants c’est pas gentil. Technique globalement ratée, personnages peu intéressants (sauf le papy, toi je te fais un bisou), musique nulle (un comble chez Burton). Vraiment pas grand chose à sauver. Je vous le déconseille vraiment, même pour les fans de Burton (que je suis, j’ai vu tous ses films et ça me désole de voir ce dernier opus). Je conclurai en me rappelant d’une critique spectateur que j’ai lue d’une personne qui aimait bien le film :

« J’ai aussi particulièrement apprécié l’hommage à Ray Harryhausen ( entre autre Jason et les Argonautes ) qui constitue probablement l’un des meilleurs passages du film. »

Ce passage dure moins d’une minute.

La juste note de vanRage : 4/10

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vanRage

Chroniqueur cinéma

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