« L’Odyssée » ou « Un Cousteau dans l’eau »

Avis très rapide en avant-propos : DÉCEVANT.

« L’Odyssée » sorti le 12/10/16 est le dernier film de Jérôme Salle, réalisateur surtout connu pour les « Largo Winch » et reconnu pour « Zulu » un thriller sud-africain. L’homme est plutôt coutumier des films d’action ou des thrillers, donc il s’attaque à un biopic sur une figure mondialement connue (logique quand tu nous tiens).

Un film au rythme effréné et à l’intrigue prenante alors ?

Le scénario :

Cousteau, figure française légendaire
Cousteau, figure française légendaire

Cousteau, sa vie, son oeuvre… Voilà le résumé très rapide du scénario (je sais, je suis taquin).

L’histoire démarre à la sortie de la guerre, en 1949. Jacques-Yves Cousteau, interprété par Lambert Wilson, est un officier de marine obnubilé par les fonds marins. Il révolutionne avec des amis/collègues à lui les techniques d’exploration sous-marine (les bouteilles d’oxygène, les caméras waterproof) et vit tranquillement dans le sud avec sa femme Simone, interprétée par Audrey Tautou, et ses deux enfants. Le couple décide un beau jour de partir à l’aventure, il obtienne un bateau, la fameuse Calypso, et place le plus jeune des deux fils Philippe en pension. Philippe grandit, et est désormais interprété par Pierre Niney, toute la famille est aux commandes d’un vaste empire Cousteau qui oeuvre pour l’océanographie, la télévision, le cinéma, etc… Mais les relations qu’entretient le père avec ses deux fils va être source de conflits.

Projet ultra ambitieux que de raconter la vie de ce marin que tout le monde connait. L’angle pris par le film est de changer le personnage principal, c’est Cousteau fils que l’on suit plus et non pas Cousteau père. Premier problème selon moi, non pas que l’histoire du fils n’est pas intéressante, mais elle n’est pas suffisamment mise en avant pour expliquer les choix de Philippe (un revirement de situation juste avant le dernier quart du film qui tombe de nulle part). Quant à l’histoire de Jacques-Yves, elle est intéressante aussi mais reste en surface, on ne s’attaque pas aux volontés du personnage, ses motivations, du coup nous spectateurs sommes perdus dans les choix qui sont faits. Encore une fois le film débute par la fin mais cela a du sens car ce final plane sur tout le reste du film et augmente la dramaturgie de certaines séquences. Dommage que le dernier quart du film soit aussi faible et l’épilogue forcé (je ne veux pas spoiler, je reste vague, désolé)

Les personnages :

Niney, le gros point positif du film
Niney, le gros point positif du film

Jacques-Yves, le Cousteau père donc, est interprété par Lambert Wilson qui livre ici une performance solide de biopic. Le personnage semble torturer mais ses peines et ses vices ne sont pas montrés, il paraît un peu lisse et c’est fort dommage. Je rappelle que le film raconte son histoire et on a affaire à un marin qui veut faire découvrir le monde sous-marin, presque se l’approprier et qui change totalement d’avis sur le dernier quart du film… Surtout que le changement est brusque et sans raison.

Philippe est le fils benjamin des Cousteau, il est interprété par Pierre Niney qui est vraiment un excellent comédien. On a là la meilleure performance d’acteur du film et le personnage le mieux construit. Il idolâtre son père et s’écarte de son chemin pour le rejoindre et périr de la vanité de ce dernier. Une excellente construction de personnage, même si le revirement vers le dernier quart (on y revient encore) est totalement raté.

Passons au troisième personnage important du film, la mère Simone interprétée par Audrey Tautou. Alors j’ai un petit souci avec cette actrice, je ne vois pas un personnage quand elle joue, je vois Audrey Tautou. Comme d’habitude on retrouve les tics de langages habituels de la comédienne ce qui laisse le personnage au second plan. Mais il l’est aussi dans le film, Simone est délaissée par son mari et part se réfugier sur « son » bateau, ce qui implique une présence et une influence faible sur l’histoire.

La réalisation :

Les plans sous-marins sont juste magnifiques
Les plans sous-marins sont juste magnifiques

J’ai envie d’être positif, de bonne humeur, joyeux… Ce film est visuellement magnifique. Les plans sous-marins sont hallucinants, ceux aériens sont tout aussi beaux (l’ouverture du film en avion est superbe). Mais passé ce torrent d’imagerie arrive le premier accroc, les images de synthèse. TOUS les plans avec des VFX sont ratés, mais vraiment TOUS. Alors c’est vraiment dommage d’avoir l’un des plus gros budget de film de l’année (pour le cinéma français) et de sortir des effets visuels aussi ratés, ça nuit vraiment au film pour le coup.

Au niveau sonore on a un travail très correct excepté dans toute la première partie du film qui concerne la jeunesse des enfants Cousteau (jusqu’à l’apparition de Niney en quelque sorte). Les prises son sont bizarres, le mixage raté puisqu’on ne comprend pas une phrase sur deux des enfants. La musique est classique mais accompagne parfaitement le récit.

En terme de mise en scène, Salle a décidé de nous en mettre plein la vue visuellement mais ça s’arrête là. Le film a donc un rythme avec des grandes longueurs ce qui est toujours aussi dommage pour un film grand public.

Conclusion :

Comme Cousteau, je reste dubitatif
Comme Cousteau, je reste dubitatif

Ce film a un goût d’inachevé. La conclusion du film, enfin son dernier quart, est vraiment raté et gâche l’histoire qui restait certes classique mais agréable à suivre (bien qu’un peu longue). Un visuel très beau (hors VFX), un Pierre Niney de gala et une figure quasi-légendaire du patrimoine français. Un film qui se révèle être un simple marin d’eau douce et non pas un entrainant capitaine de frégate.

La juste note de vanRage : 6/10

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vanRage

Chroniqueur cinéma

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