Judge Dredd: 40 ans à faire respecter la loi !

Aujourd’hui, on va parler de Judge Dredd. Lecteur, arrives-tu à imaginer une phrase d’introduction aussi bateau et peu inspirée que celle-ci ? Mais, qu’utiliser d’autre quand, dans la conscience collective, la première image qui vient en tête est celle de Sylvester Stallone beuglant « I AM THE LAW ! » (« JE SUIS LA LOI ! », pour les plus anglophobes), vision qui est assez éloignée de la réalité du personnage ? Bref, tout ça pour dire que l’on va parler de Judge Dredd, le personnage de papier.

Après, je critique le film de 1995, mais il n’est quand même pas trop mal dans sa représentation du personnage. Et c’est pas moi qui l’affirme, mais le co-créateur du personnage en personne, John Wagner. Je vous le cite, avec une traduction personnelle : « L’histoire n’a rien à voir avec Judge Dredd, et Judge Dredd n’était pas réellement le personnage, bien que Stallone était parfait pour le jouer. » [Interview du site EmpireOnline]. Et John Wagner, comme moi-même d’ailleurs, préférons largement la version proposée par le film Dredd de 2012 quand à l’incarnation du personnage et le style d’histoire proposée. Mais pourquoi ça ? Qui est Judge Dredd, finalement ?

Judge Dredd est un personnage de bande dessinée non pas américaine, mais britannique. En effet, le personnage est née en 1977, sous les plumes conjointes du scénariste John Wagner et du dessinateur Carlos Ezquerra, dans le deuxième numéro seulement du magazine 2000 A.D. Ce magazine est une anthologie de bande dessinées hebdomadaire, qui se spécialise dans la Fantasy ou la Science-Fiction, et où ont commencé des auteurs connus et reconnus comme Neil Gaiman, Alan Moore, Grant Morisson, Brian Bolland, …

L’univers de Judge Dredd est sale, moche, crasseux. L’apocalypse nucléaire a eu lieu, et la plupart des villes sont désormais des mégalopoles grandissantes et tentaculaires entourées de régions totalement dévastées par la radiation, où vivent mutants et autres créatures. La robotisation croissante a amené la majorité de la population au chômage, ce qui les poussent à suivre n’importe quelle tendance, ou à des « fièvres à l’emploi » où des centaines de personnes assiègent une compagnie pour un seul poste vacant.

Pour tenir ce système extrêmement précaire, l’idée des juges a été mis en place. Celle-ci permet aux policiers assermentés d’être « Policier, Juge et Bourreau » : C’est à dire que chaque juge peut rendre -même doit- une sentence dés l’arrestation. La partie bourreau est particulière, car bien que la condamnation à mort soit rarement rendue (les juges préfèrent l’emprisonnement cryogénique dans « Les Cubes »), la mort est souvent donnée lorsque les interpellés résistent à l’arrestation. Mais les juges sont aussi surveillés de prés, et ils ne sont pas au dessus de la loi.

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Lecteur, je crois que tu peux te faire une mauvaise idée si je ne fais pas ici une petite parenthèse. Oui, ça a l’air assez fasciste, dit comme ça, c’est clair. J’ai même pensé comme toi, avant de commencer à lire le personnage. Mais au contraire, énormément d’histoires permettent de critiquer – même des fois, violemment- le système. Parce qu’il y a deux façons de faire une critique : Montrer clairement l’opposition et dire quels sont les problèmes, ou bien aller à fond dans le système et en souligner subtilement les travers. Il est un produit de ces temps troublés qui ne questionne pas sa place dans cette société, mais nous permet d’observer cette société.

Voilà donc le contexte du personnage. Et Judge Dredd lui-même, alors ? Eh bien, une chose, il est haut en couleur. Une couleur froide, certes, mais haut en couleur quand même. Dredd est l’un des nombreux clones du premier juge en chef, le Juge Fargo (un phénomène courant chez les juges, les clones). Il a la réputation d’être le juge le plus intransigeant de sa ville, Mega City One. Fait notable, le visage du Juge n’est jamais révélé, et tant que la bande-dessinée était en noir et blanc, certains artistes dessinaient Judge Dredd comme ayant la peau claire ou noire, parce que la loi n’a pas de distinctions. La subtilité de la couleur de peau a malheureusement souffert de la colorisation, mais le Juge ne montre toujours pas son visage. Dernière particularité : Judge Dredd vieillit en même temps que sa publication, et gagne un an chaque année, il a même un cancer -pour l’instant, bénin- du duodénum.

Et notre judge Dredd n’est pas le seul à être mis en vedette, puisque de très nombreux personnages gravitent aussi autour de cet univers, que ce soit des alliés comme la Juge Anderson, télépathe dirigeant la section Psy des Juges ou encore des antagonistes comme le Judge Death – un juge d’une dimension alternative où la vie elle-même a été déclarée hors la loi, vu que, après tout, il n’y a que des vivants qui commettent des crimes.

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C’est bien joli, cet article, mais cela ne sert à rien si l’on ne peut pas lire les récits chez nous, en France. Ce qui tombe vachement bien – et un peu aussi la raison pour laquelle j’ai choisi ce sujet pour commencer, ces récits arrivent en ce moment chez nous ! La maison d’édition Délirium commence à sortir les premiers récits noir et blanc directement traduits du magazine 2000 AD pour ce mois-ci, les éditions Reflexions sortent pour Janvier le début de la série plus récente de l’éditeur américain IDW pour Janvier, c’est une excellent occasion pour découvrir vraiment le personnage. Il faut dire aussi que nous allons fêter en 2017 ses 40 ans.

Alors, intéressé ?

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Sn Parod

Lecteur plus ou mois véhément de comics, il en parle avec plus ou moins de tact, dans des vidéos plus ou moins travaillées. Il parle aussi parfois des autres formes de narration séquentielles et d'adaptations de ses cases favorites. Sinon, il est très doux, ne mord pas et fait un bon café.

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