« Blood Father » ou « Mad Mel is Back ? »

Avis très rapide en avant-propos sur le film : BOF.

 

« Blood Father » sorti le 31/08/16 est la dernière réalisation du cinéaste français (cocorico) Jean-François Richet, révélé au monde du cinéma français pour « Ma 6-T va crack-er » puis césarisé pour son diptyque « Mesrine » donc lorsqu’il s’agit de filmer des mecs burnés avec des gros calibres, il sait quoi faire.

Sauf qu’un film ne se résume pas qu’à ça.

 

Le scénario :

Comment ne pas penser à « Mad Max » avec ce désert et Mel Gibson
Comment ne pas penser à « Mad Max » avec ce désert et Mel Gibson

On suit dans ce film le personnage de John Link (rien à voir avec Zelda) interprété par ce bon vieux Mel Gibson. Il est ancien alcolo/biker/tolard (un cocktail a éviter, ça va de soit) et est actuellement un tatoueur en liberté conditionnelle divorcé vivant dans un mobil-home en plein désert américain. Sa fille a disparu depuis plusieurs années sans donner de nouvelle, ce qui le travaille un petit peu (ce qu’on peut comprendre), sauf qu’un beau jour sa fifille chérie dézingue son boyfriend latino/malfrat et fui chez papounet dans l’espoir d’éviter les emmerdes. Manque de bol, c’est pas le cas, s’ensuit une course-poursuite entre un gang de mexicanos tatoués pas contents du tout, et un papa un peu fifou et sa fille camée.

Le pitch du film peut vous donner envie, le résultat est quant à lui peu probant.

 

Les personnages :

John Link et sa fille en cavale (enfin là ils font une pause discute)
John Link et sa fille en cavale (enfin là ils font une pause discute)

Certes Mad Mel est un argument en faveur du film, son interprétation est de qualité et la carrure tatouée et barbue pose le personnage. On croirait voir un mélange de Mad Max (des films « Mad Max ») et de Martin Riggs (des films « L’Arme Fatale ») deux figures iconiques de Mel Gibson, et les références jalonnent le film (l’homme désespéré, le fusil à canon scié, le désert, l’importance de l’enfant…).

Mais bon dieu sa fille est un(e) raté(e) total(e)… Les motivations du perso sont floues, on ne comprend aucun de ses actes et il semblerait que l’actrice ait été choisie pour son physique uniquement (le début du film ou le réal décide de ne filmer que ses fesses dans un mini-short en jean).
À un moment je me suis dit que c’était parce qu’elle était droguée que ses réactions étaient bizarres, mais quand même… Bref, ce perso est raté et ça n’aide pas à l’implication du spectateur dans l’histoire, pourquoi aurais-je envie que John Link sauve sa fille si je ne peux pas blairer cette dernière.

Les personnages secondaires oscillent entre l’intéressant et la caricature. Je passerai rapidement sur toute la clique de mexicanos énervés, caricaturaux à souhait, malgré la présence de Diego Luna au casting dans le rôle du défunt boyfriend et que l’on retrouvera dans le spin-of de « Star Wars » qui sort en fin d’année.

Un personnage secondaire sort du lot réellement, c’est celui du « parrain » de John Link au Alcooliques Anonymes, il est interprété par William H. Macy, un acteur formidable du cinéma indépendant américain et qui nous livre là une performance rafraîchissante dans ce film un peu bas du front.

 

La réalisation :

Un peu de bleu après tout cet orange désertique
Un peu de bleu après tout cet orange désertique

Pour ce qui est de la réalisation de Richet, c’est du classique. Pas de folies esthétiques, on est là dans de l’actioner américain, donc faites place à la caméra épaule en mode shaky-cam, les gros plans sur les persos lorsqu’il faut s’intéresser à eux, des petits mouvements de caméra pour créer du suspense… Bref, du classique.

À noter un bon design sonore, on est bien dedans, une musique quasi-inexistante qui aide à l’immersion.

J’aurai bien deux-trois réserves sur des plans, surtout un en particulier à la Go-Pro (que c’est moche, on s’en fout de voir une moto passée sous un camion en étant sous le camion, c’est moche), et je retiendrai quelques fulgurances d’esthétisme dans la manière de filmer le désert (un beau couché de soleil, des paysages assez jolis…), ça fait du bien aux mirettes.

 

Conclusion :

Mel Gibson tente de sauver le film et sa fille, y arrivera-t-il ?
Mel Gibson tente de sauver le film et sa fille, y arrivera-t-il ?

On peut parler d’un actioner à petit budget classique, mal écrit, mais avec une bonne tête d’affiche. L’atout numéro un du film reste Mel Gibson, sans hésitation, mais les scènes d’action sont molles, les autres persos inintéressants (excepté celui du parrain de John Link). Je ne vous conseille pas d’aller le voir au ciné, mais si ça passe un de ces soirs à la télé et que vous n’avez rien à faire, why not.

La juste note de vanRage : 5/10

Allez vas-y partage !

vanRage

Chroniqueur cinéma

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Une pensée sur “« Blood Father » ou « Mad Mel is Back ? »

  • 12 septembre 2016 à 20 h 22 min
    Permalink

    Je suis allé le voir ce weekend et je partage ton avis sur le résultat. Après avoir vu la bande-annonce, je m’attendais à un peu plus de fusillades aussi. La première scène avec la fille est complètement ratée. Sur le coup, je me suis dit: « merde, ce film commence mal! ». Heureusement, il se rattrape après avec Mel Gibson.

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